Décidément, les régimes se suivent et se ressemblent. Après les belles promesses du capitaine Hollande sur l'école et le nombre d'enseignants, le retour sur Terre est plutôt édifiant. Alors que le nombre d'enfants en difficulté scolaire s'accroît toujours plus, cette rentrée est synonyme de baisse de moyens, notamment en ce qui concerne le RASED, ce Réseau d'Aide Spécialisée aux Elèves en difficulté. Et les élèves en difficulté ne manquent pas dans notre arrondissement.

Depuis la rentrée, les parents d'élèves ne décolèrent pas à l'annonce de la baisse du nombre d'heures d'intervention des professeurs spécialisés dans les écoles de la place Jeanne d'Arc, comme en témoigne l'article paru hier dans Le Monde :

Pourquoi pas nous ?" Deux semaines après la rentrée des classes, c'est la question qui, dans certaines écoles, taraude parents et enseignants. Ceux qui n'ont pas bénéficié des 1000 postes créés en septembre dans le primaire par le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, alors qu'ils s'estiment largement prioritaires.

Le "plan d'urgence", censé atténuer les effets des coupes budgétaires du gouvernement précédent, avait presque fait oublier que cette rentrée est la pire des cinq dernières années : les 4 700 emplois supprimés en primaire et les quelque 6 000 dans le secondaire viennent s'ajouter aux 65 000 supprimés depuis 2007. C'est contre cet oubli que les mobilisations ont repris dès le 4 septembre, dans les écoles comme dans les collèges et lycées, ces derniers devant se contenter de mesures d'urgence plus modestes - dont 280 postes d'enseignants.

Où sont passés les 1 000 postes ? Selon une enquête du Snuipp-FSU, le principal syndicat du premier degré, 665 postes ont permis des ouvertures de classes, 152 serviront au remplacement d'enseignants absents, 79 à "d'autres mesures" (comme l'accompagnement des enfants handicapés), et 104 renforcent l'effectif des Rased (réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) - dont près d'un tiers a disparu en cinq ans.

Dans les deux écoles élémentaires de la place Jeanne-d'Arc, dans le 13e arrondissement de Paris, c'est pour eux qu'on se bat depuis la rentrée. "On nous sucre 6 heures d'intervention de Rased sur 15 dans une école, 2 heures sur 6 dans l'autre. A effectifs constants, il y a de quoi s'inquiéter !", soutient Kais Idriss, de la fédération de parents d'élèves FCPE. "Si cela se confirme, je ne sais pas si je pourrai encore intervenir en CE2-CM1-CM2, note l'enseignant spécialisé du secteur, qui préfère ne pas être cité. Or ce que je désamorce dans ces classes, ce sont les problèmes d'incivilité, de violence dont justement on nous rebat les oreilles..."

Pour le rectorat de Paris, "aucun horaire définitif n'a encore été attribué aux écoles". Mais les parents n'en démordent pas : "Une nouvelle école a ouvert près d'ici en 2011, explique Céline Jeanjean, mère de deux élèves. Elle a des besoins accrus en Rased car ses effectifs augmentent. Nous ne le contestons pas. Mais avec les 1 000 postes promis, j'espérais qu'on n'aurait pas à déshabiller Paul pour habiller Jacques !"

Déshabiller Paul pour habiller Jacques... C'est pourtant bien ce que Gérard Duty, Inspecteur de l'académie de Paris en charge du 1er degré, Serge Javerlhac, inspecteur de notre circonscription et un troisième inspecteur présent ont cyniquement proposé, lors d'un entretien, aux représentants des écoles du "plateau Jeanne d'Arc", proposant "intelligemment" d'enlever des moyens de RASED à la toute nouvelle école des Grands Moulins pour les redistribuer place Jeanne d'Arc. Décidément, la méthode Sarkozy qui consiste à monter les gens les uns contres les autres a fait des émules...

Pouvait-on attendre autre chose de Gérard Duty, au nom de magasin de détaxe, que de brader l'avenir des plus faibles ?

Pour ma part, cet épisode a au moins le mérite d'apporter une solution à notre problème : puisqu'il y a besoin de 3 personnes, avec des salaires de cadres A de la fonction publique, pour annoncer d'une seule voix qu'ils ne peuvent rien faire pour résoudre nos problèmes, je pense qu'il y a deux postes d'inspecteurs inutiles et que de réelles économies pourraient être réalisées.

Je propose donc la suppression de deux inspecteurs contre la création d'un poste de maître de RASED. De grosses économies en perspective et des parents et élèves satisfaits...