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Hier, je suis allé faire mon plein à la pompe. Horreur ! L'essence est de plus en plus chère, l'Etat et les pétroliers s'en mettent toujours plus dans les poches.

Remarquez, ce phénomène n'est pas nouveau. Je viens de tomber sur une coupure de presse du journal Le Petit Parisien du 24 mai 1911 qui relate la grève des chauffeurs de taxi parisiens manifestant contre l'augmentation du prix des carburants :

"Avec un ensemble parfait, les chauffeurs de taxis-autos ont, hier matin, respecté la décision prise la veille à la Bourse du travail. D’après le recensement opéré par la préfecture de police, dans les différents garages de Paris et de la banlieue, il ne serait sorti qu’une trentaine de véhicules. D’ailleurs, les grévistes s’étaient donné rendez-vous devant les dépôts des principales compagnies de voitures automobiles de place, afin de mettre au courant de la situation ceux de leurs camarades qui n’avaient pu assister au meeting de protestation contre l’augmentation des droits d’octroi sur le benzol.

Entre sept et neuf heures du matin, l’animation fut grande à Levallois-Perret, aux Batignolles et avenue de Wagram, où se trouvent situés d’importants garages. Vers onze heures, un certain nombre de véhicules appartenant à des coopératives ou à des petits loueurs venaient se ranger aux abords de la Bourse du travail, rue du Château d’Eau. Tous étaient pavoisés de drapeaux tricolores ; des écriteaux annonçaient que ces voitures ne prenaient pas de voyageurs ; des bidons vidés et des pancartes rappelaient les causes de la protestation des chauffeurs.

Un peu avant midi, ces taxis-autos, suivis de loin par des agents cyclistes, se dirigeaient vers l’Hôtel de Ville, dans le but de donner, à grands renforts de trompes, une aubade au préfet de la Seine ; mais la police veillait et put tenir à distance les manifestants. Dans l’après-midi, les véhicules pavoisés sillonnèrent en tous sens les boulevards et les grandes artères de la capitale et, dans la soirée, la pénurie des taxis-autos causa quelque gêne aux Parisiens.

Les incidents de la journée
Les rares chauffeurs réfractaires au mouvement de grève ont été l’objet de quelques démonstrations hostile. A dix heures et demie du matin, les grévistes ont arrêté, rue Saint-Antoine, un taxi, dont ils ont crevé les pneumatiques, puis ils ont pris la fuite avant l’arrivée des gardiens de la paix. Deux ou trois cents grévistes ont, à la même heure, parcouru l’avenue de la Grande Armée, molestant les réfractaires, obligeant les voyageurs à descendre et-tentant même de renverser les voitures. Les agents les ont dispersés, non sans peine.

A dix heures, place de l’Opéra, le chauffeur Angelhardt, demeurant à Levallois-Perret, 23 rue Collange, conduisait des voyageurs dans une voiture lui appartenant, l’auto-taxi 927 U. 9. Il fut appréhendé par quatre chauffeurs grévistes qui occupaient l’auto 58 E. 7. L’un de ces derniers s’avança un couteau à la main, dans le but de crever les pneus de la voiture d’Angelhardt. Le gardien de la paix Sirnpol, témoin de cet incident, voulut intervenir. Le gréviste le renversa sur le sol d’un violent coup de pied, puis regagna l’auto 58 E. 7 qui s’éloigna à toute allure. L’état de l’agent Simpol n’est, heureusement, pas très grave. Quelques arrestations, non maintenues, ont été opérées, pour entraves à la liberté du travail, dans les huitième et seizième arrondissements."

Sans oublier le recrudescence des radars automatiques et de la verbalisation à tout va, j'espère que le futur président mettra fin à ce racket organisé et cessera de prendre les automobilistes pour des vache à lait.

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