Toutes ces dernières semaines, outre la crise et le PSG qui se remet à gagner des matchs, on ne parle que du projet du Grand Paris, cher à l'équipe Delanoë et à beaucoup de politiques de tous bords.

Bon, personnellement, je n'ai pas d'avis tranché et nous ne sommes pas comparables à l'Ile de Ré dont les habitants refusent de voir baisser, voire supprimer, les tarifs des péages du pont, de peur de voir une masse de touristes déferler sur l'île ou que le "métropolitain" n'y vienne trop facilement. Il n'y a pas -encore- de péages autours de Paris.

Quoi qu'il en soit, il y a tout de même des réticences, provenant surtout de villes limitrophes qui ont peur de revenir au mode de gestion du département de la Seine.

Tiens, tout cela me fait revenir en 1860, année de l'annexion par Paris de territoires pris, entre autres, aux communes de Gentilly, Ivry et Gentilly, grâce auxquels Paris s'est vu agrandi à 20 arrondissements contre 12 auparavant.

Un peu d'histoire :

Au début du XIXe siècle, Paris est protégée par l’enceinte des Fermiers généraux construite à partir de 1784 qui permet de prélever l’octroi, c’est-à-dire la taxe sur les produits qui entrent dans la ville. Elle est le siège du pouvoir royal, possède ses représentants et est constituée des douze arrondissements délimités par la loi du 19 vendémiaire an IV (11 octobre 1795).

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Avec les révolutions industrielles du XIXe siècle, Paris attire un nombre important d’émigrants venus chercher du travail. Ainsi, petit à petit, Paris étend son emprise sur sa banlieue où apparaissent de petites villes économiquement dépendantes.

A partir de 1841, des travaux débutent afin de doter Paris d’une nouvelle enceinte militaire enserrant les nouveaux quartiers qui ont été construits en dehors de l’enceinte des Fermiers généraux.

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Le 13e arrondissement de Paris est né le 1er janvier 1860. La loi du 16 juin 1859 a en effet pour objet d’annexer à Paris les territoires pris aux communes d’Ivry, Bicêtre et Gentilly afin de construire le mur d’enceinte fortifiée autour de la ville et de diviser Paris non plus en 12 mais en 20 arrondissements et 80 quartiers.

Pour respecter le développement de la capitale, il fut décidé de créer 20 arrondissements nouveaux qu’il fallait donc numéroter. Le point de départ était pour tous une évidence : l’empereur Napoléon III résidant au palais des Tuileries, celui-ci ne pouvait qu’être situé dans le 1er arrondissement. La numérotation devait donc partir du centre nord-ouest de Paris. Dans un des nombreux premiers projets, Auteuil et Passy, habités par la haute bourgeoisie, héritèrent du 13.

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Non par superstition mais plutôt parce que l’expression populaire « marier ses enfants à la mairie du 13e arrondissement » signifiait que le couple vivait en concubinage, ce qui était alors très mal vu, la population de ces beaux quartiers protesta fortement et la numérotation en colimaçon que nous connaissons actuellement permit de calmer les passions en faisant tomber le chiffre 13 sur nos terres alors peu peuplées et dont la population était pauvre et qui avait donc moins les moyens de s’opposer à ce projet.

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C’est ainsi que le 13e arrondissement, composé des quartiers de Croulebarbe, de la Salpétrière, de la Gare et de la Maison Blanche a été constitué par une partie de l’ancien 12e arrondissement et des territoires pris à Ivry, Bicêtre et Gentilly afin d’élargir les défenses de Paris.

Vous pourrez retrouver cet article complet dans le n°1 de la revue Histoire & Histoires... du 13e édité par l'association 13 EN VUE(S) .